Le légume en forme de griffe et couleur vert pâle intrigue sur sa consommation.
Sentence : pas totalement vrai !
Les faits
Dans les casseroles et les jardins d’Afrique, le gombo est une star. On le déguste en sauce, en ragoût, pour sa saveur et ses vertus. Mais depuis des générations, une rumeur persistante fait qu’il est souvent regretté, notamment par les hommes. « Le gombo nuit à leur fertilité ». Une croyance populaire si ancrée qu’elle a détourné de nombreux consommateurs de ce légume riche en nutriments. Pour démêler le vrai du faux, nous avons confronté la sagesse populaire aux éclairages de la recherche scientifique.
Dans un article publié par nos confrères spécialisés en fact-checking, Guineecheck.org, Dr Koko Koffi Bruno, enseignant-chercheur à l’université de Cocody, est prudent : « le gombo contient des substances bioactives qui peuvent avoir des effets bénéfiques ou néfastes, voire toxiques, sur l’organisme. C’est le cas de la substance appelée gossypol, présente en grande quantité dans le fruit du gombo et qui est responsable de la stérilité masculine. »
L’éclairage de la science : deux sons de cloche
Cet éclairage de Dr Koko Koffi Bruno trouve écho dans une étude publiée par l’Asian Journal of Research in Medical and Pharmaceutical Sciences. L’étude menée sur des souris pour évaluer les effets du gombo partant sur les paramètres du sperme montre en effet que l’aliment peut compromettre la fécondation. L’examen de la revue est toutefois basé sur un animal et non à l’homme.
« Le gombo ne nuit pas à la fertilité, il la stimule », conteste Dr Ben Youssouf Keita, médecin généraliste. Interrogé par notre rédaction, l’ancien président de la commission santé de l’Assemblée nationale qualifie l’idée d’une infertilité masculine causée par le gombo, de « mythe » qu’il faut dissiper. Il insiste sur la richesse du gombo en vitamine E, un puissant antioxydant.
