Une semaine après son installation, la première Assemblée nationale de la Ve République est désormais pleinement opérationnelle. Trois groupes parlementaires y ont été constitués : la majorité présidentielle, l’Alliance patriotique et le Centre.

La messe était dite. Génération pour la modernité et le développement (GMD) et ses alliés dominent largement l’hémicycle avec 118 sièges sur 147. Après avoir dirigé le Conseil national de la transition (CNT) pendant près de trois ans, Dr Dansa Kourouma conserve également le perchoir. Il entame cette fois un mandat de cinq ans à la présidence de l’Assemblée nationale.
Au-delà de la nouvelle majorité, cette législature inaugure aussi une nouvelle architecture institutionnelle. Le Parlement devient bicaméral, composé de l’Assemblée nationale et du Sénat. Ce dernier n’ayant pas encore été installé, l’Assemblée exerce seule, pour l’instant, l’intégralité du pouvoir législatif.
Pourquoi l’Assemblée passe à 147 députés
La nouvelle Assemblée compte 147 députés, contre 114 auparavant. Cette augmentation tient à la croissance démographique enregistrée ces dernières années : 17,5 millions en 2026 contre 10 millions de populations en 2014 selon l’Institut national des statistiques. Un député représente en moyenne un peu plus de 186 000 habitants. La répartition des sièges varie donc selon le poids démographique des préfectures. Kankan et Siguiri, plus peuplés, disposent plus de sièges que Yomou et Lola.
Qui se présente ?
Octogénaire, impossible de briguer un siège. L’âge est fixé entre 21 et 80 ans pour se présenter. Il faut être de nationalité guinéenne, y résider sous certaines conditions, et présenter un casier judiciaire vierge. Les personnes condamnées définitivement pour un crime ou certains délits graves ne sont notamment pas éligibles.
Reste les candidatures indépendantes. Elles sont autorisées pour une première, aux côtés de celles présentées par les partis politiques légalement constitués. Une ouverture qui intervient dans un contexte où le paysage partisan s’est fortement réduit depuis septembre 2021, plusieurs partis ayant été dissous ou suspendus.
Un système d’élection mixte
Les députés ne sont pas tous élus de la même manière. La Constitution combine deux modes de scrutin. Les 98 premiers sièges sont attribués dans les préfectures. Lorsqu’une préfecture ne dispose que d’un seul siège, le candidat arrivé en tête est élu : c’est le scrutin uninominal majoritaire à un tour. En revanche, dans les préfectures disposant de beaucoup de sièges, plusieurs députés sont élus au sein de la même circonscription selon les règles du scrutin plurinominal.
Les 49 autres sièges sont répartis différemment. Cette fois, les électeurs votent pour une liste nationale présentée par un parti politique. Plus un parti obtient de voix au niveau national, plus il décroche de sièges. C’est le principe de la représentation proportionnelle.
Binty Ahmed Touré & Diarouga Aziz Balde
